L'Univers
de Yamato
Yamato à travers le monde (page 1 sur 5): Space Cruiser (Angleterre)
LP drama Space Cruiser Yamato
Suite aux mauvais chiffres d'audience de la première série Yamato, puis son arrêt prématuré au bout de seulement 26 épisodes fin mars 1975, Nishizaki et son équipe durent se remobiliser pour offrir une seconde chance à leur cuirassé spatial.

Germent alors différents projets de remontage des épisodes afin de transformer la série en longs métrages, destinés à la location ou à l'exploitation en salles. C'est le nouveau membre d'équipage Toshio Masuda (Tora! Tora! Tora!) qui supervise ce travail.

Parmi ces remontages, Nishizaki en destine un au marché international. Le projet se nomme Space Cruiser Yamato, et le doublage anglais est enregistré courant 1976 par un petit groupe d'acteurs anglo-saxons emmené par Marvin Miller, resté célèbre pour avoir prêté sa voix à Robby le robot dans le film mythique Planète Interdite en 1956. Il fera ici la voix du capitaine Okita et du narrateur.

Un LP drama (image ci-contre) sera également enregistré en anglais par ces mêmes acteurs, et édité au Japon en 1977 agrémenté d'un poster ainsi que d'un livret bilingue anglais / japonais reprenant l'intégralité des dialogues.

Cette version anglophone a été présentée dans le cadre du marché du film au Festival de Cannes 1977, ce qui a permis à quelques chanceux accrédités dont le futur réalisateur Christophe Gans de découvrir très tôt l'univers naissant de Yamato et de Leiji Matsumoto. Faute d'une sortie en France, d'autres chanceux ont pu découvrir le film quelques mois plus tard lors de sa projection à l'édition 1978 du Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction, orchestré par le rédacteur en chef de L'Écran fantastique Alain Schlockoff.

Affiche Space Cruiser

Le film a en revanche bénéficié d'une vraie sortie au Royaume-Uni sous le titre abrégé Space Cruiser, comme en témoigne le magazine britannique Starburst, qui dès son deuxième numéro offre sa couverture au « croiseur » de l'espace. Le moins que l'on puisse dire est que l'accueil est très mitigé, le hasard du calendrier faisant que Space Cruiser arrive dans les salles anglaises début 1978, quelques semaines seulement après un certain Star Wars. Même si l'on peut objectivement reconnaître que la comparaison ne joue sans doute pas en faveur du film d'animation japonais, le journaliste Tony Crawley a quand même la dent dure, concluant son article par un rédhibitoire mais sublime « America has the Force, Japan has the farce ».

Le film sera par la suite édité en Super 8 et en VHS sous les titres Space Cruiser versus the Gorgons, ou encore Space Cruiser Gardian of the Galaxy, avec plusieurs rééditions au cours des années 1980.

Starburst n°2: Space Cruiser Space Cruiser versus the Gorgons Super 8

Nous vous invitons à vous arrêter sur la magnifique illustration qui a vraisemblablement servi d'affiche puis de jaquette au film en Angleterre. Bien qu'elle ne soit pas signée, on peut supposer qu'elle a été réalisée par un artiste occidental très talentueux et imaginatif, mais qui n'a de toute évidence jamais vu le film ou la série originale. Vous pouvez d'ailleurs vous amuser à chercher les 7 erreurs sur cette superbe peinture.

Mais au-delà de son affiche, qu'en est-il vraiment de ce mystérieux remontage ?

Déjà les sources varient sur sa durée, mais il est vraisemblable qu'à l'origine il faisait 98 minutes, pour finalement être ramené à 82 minutes. Tout comme le remontage cinéma destiné au Japon, il se focalise essentiellement sur le début et la fin de la série, mais en raccourcissant de nombreuses scènes et en faisant l'impasse sur d'autres, pour finalement parvenir à ce timing record. Le film n'en souffre pas trop pour autant, même si l'on peut regretter que le personnage de Mamoru Kodai passe complètement à la trappe. Pour abréger la fin, c'est la version alternative de l'arrivée sur Iscandar qui est utilisée ici.

Il est intéressant de noter que ce film est beaucoup moins censuré que ne le sera Star Blazers deux ans plus tard. Les scènes violentes ou tragiques ne sont pas éludées, et on a même droit au strip-tease de Yuki lors du premier warp du Yamato.

Côté adaptation, une partie des noms originaux est conservée, à commencer par celui du Yamato, qui deviendra pourtant « l'Argo » dans Star Blazers. Ce déficit mythologique est doublement compensé, car le Yamato accueille à son bord un argonaute en la personne de « Jason Kodai », qui devra affronter les « Gorgons ». Le capitaine Okita, Yuki Mori, Dessler et d'autres encore conservent leur nom original. Shima prend quant à lui le nom de « Shane O'Toole ».

Côté doublage, les voix sonnent bien ; mention spéciale pour Dessler que l'on jurerait doublé par Bela Lugosi, renforçant ainsi l'aspect mystérieux et inquiétant du personnage.

Les droits de ce curieux montage s'étant probablement perdus quelque part entre la Terre et « Iscandare », l'intégralité du film est visible sur YouTube : Partie 1, Partie 2, Partie 3, Partie 4, Partie 5, Partie 6, Partie 7, Partie 8

Note du 06/03/10 : il est également avéré que ce film est sorti en Amérique latine, notamment au Mexique, sous le titre Crucero del Espacio.

charlock

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[1] commentaire(s) sur cette page
le 29/07/10 par JayWicky (France)
Effectivement, j'ai souvenir d'un article paru dans Metal Hurlant, signé d'un jeune Christophe Gans (eh oui!) dans lequel il évoquait la projection d'un film Yamato à Cannes. Il était d'ailleurs fort peu amène envers le produit, ce qui ne l'empêchera pas de distribuer plus tard un autre film de Matsumoto (Princesse Millenium) dans sa collection vidéo "Scherzo". Navré de ne pouvoir retrouver la référence précise, je n'ai pas ma collection sous la main.
Page modifiée le 21/09/2014 17:03
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